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Claude Dubois, Biographie. Éditions Les intouchables : Montréal, 394 pages (ISBN : 978-2-89549-365-2), novembre 2017

«Partez à la découverte du petit bum de la rue Sanguinet, fasciné par Anthony Quinn et le docteur Chénier, qui décide à sept ans d’être chanteur. Ces pages vous entraînent sous les néons de la polyvalente Gérard-Filion, où la créativité de l’adolescent se déploie, puis au Patriote, dont il devient le chansonnier attitré à dix-sept ans. À Paris avec ses chansonniers, à Los Angeles et ses couleurs psychédéliques, à Londres et ses Wailers, où le hippie aux cheveux longs vit, intense et libre, au rythme de ses rêves, mais longtemps déchiré entre partir et rester, révolte et amour, poésie et rock.»

En vente chez Renaud-Bray


Main Blanche Camden Town

« Camden Town ». Traces, Main blanche : Montréal, p.37-40, décembre 2016

«Au retour, j’avais erré le long de Chalk Farm Road. L’avenue était bondée de gothiques et de jeunes punks de tous âges aux membres couverts de tatouages, aux cartilages et aux chairs troués, aux cheveux verts, roses et violets. C’est certainement dans quelques-uns des ateliers de piercings et tatouages de Chalk Farm Road qu’Amy avait fait graver ses innombrables marques.
Camden était LA place : inspirante de liberté, délicieusement excessive. C’est ici qu’elle est décédée.
Durant mes journées de congé, ne sachant plus où aller pour échapper à ma solitude, je venais ici, flâner le long du canal, toujours bouillonnant, même les lundis. Je prenais mon dîner tardif à l’un des kiosques – indien, mexicain ou asiatique, qui offraient en fin de journée les restes de nourriture à prix réduit. Mon plat de styromousse blanc entre les mains, je m’asseyais sur la bande de béton, entre les punks et les rastafaris.»
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NYX La Fuite

« Reste ». La Fuite, NYX : Montréal, p.46-49, mars 2017

«Dans son lit, je me suis me suis glissée, fraîche comme une rose. Sa bouche a mordu ma joue, ma lèvre, mon lobe. Ses mains m’ont embrassée. Je l’ai senti faible. Cette fois-ci, c’est moi qui avais tendu le piège. Je me suis réjouie. Je l’ai dominé. Je l’ai aimé dans toutes ses cavités, ses irrégularités. J’ai aimé sa peau douce et imparfaite, j’ai aimé son odeur, sa sueur. Je l’ai goûté, je l’ai senti, puis je l’ai senti las, incapable de consommer cet amour qui me submergeait. Il m’échappait. Je n’ai pas su le retenir. Ses lourdes paupières se sont closes. J’ai déposé mon corps rassasié et exubérant de nudité à côté du sien, apparemment assoupi.
Il m’a quittée.
Mes larmes ruissellent sur mon visage, se mêlent à mes cheveux. Je suis ridicule. Faible. Mais ça ne fait rien. J’ai abdiqué toute fierté pour ne plus étouffer mon cœur.»

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« Mon âme perdue ». Parasite – no. 6, L’Organe : Montréal, p.13-15, octobre 2016

«Elle est partie, mais je la vois encore, perchée à califourchon sur ma rampe de balcon, surplombant la rue du haut du troisième étage. Les écouteurs sur les oreilles, le cou allongé, les yeux délicatement clos, le menton tendu, le nez qui pointe vers l’astre flamboyant, les bras relâchés, les poignets et les paumes offertes. « Ouvre-toi les yeux! Me crie-t-elle, tu t’aveugles, tu n’écoutes pas ton cœur, tu ne suis plus ton instinct! ». Elle rit. Ses dents de corail scintillent, frappées par les rayons du soleil étincelant. Son long front est lisse, libéré de toute tension, sans la trace d’une ride, comme celles qui crispent la peau des gens inquiets.»
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Moebius

« Yanair ». N° 150 – Persistance, Mœbius : Montréal, p.19-23, septembre 2016

«Entre tous les escaliers, les portes, les allées froides et les tapis roulants, des pensées refoulées et des émotions contradictoires ont trouvé leur chemin jusqu’à mon cerveau. Là-haut je les sens. Elles entrent en collision, enflamment mon plexus, retournent mon estomac, accélèrent les pulsations fébriles dans mes poignets. Je fouille mon sac, à la recherche d’une main, à la recherche de quelqu’un qui puisse me tirer d’ici. Mes doigts s’agrippent au petit téléphone à flip, l’ouvrent habilement. Parcourent les contacts. Trouvent Paolo. Dignité, fierté, tout s’effondre. Je m’effondre. Allo?… J’ai manqué mon avion… Ne fais pas d’erreur, Gabry (lui, concis, comme toujours). Mais tu ne comprends pas? J’ai manqué mon avion. Peut-être que c’est un signe. Peut-être que je ne devrais plus partir. Ne plus jamais m’éloigner de toi. Seulement dis-moi de rester et je rentre à Londres. Seulement dis-moi de rester. Ne fais pas d’erreur, Gabry. Silence. Mes doigts referment le téléphone à flip.»
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NYX 1 Prochaine bordée

« ¡Hasta la libertad siempre! ». La prochaine bordée, NYX : Montréal, p. 37-40, avril 2015

«Alors que la nuit envahit la plage, je m’approche de la mer d’une noirceur absolue, et m’y tiens les pieds enfoncés dans le sable à quelques mètres de l’eau. Je tente de lui faire face sans frémir tandis que les vagues invisibles font des bruits de tonnerre, menaçant de m’engloutir. Face à ce monstre inconnu, je suis envahie d’une peur incontrôlable, une peur trop innée pour être raisonnable.
C’est une chanson pour les enfants qui naissent et qui vivent
Entre l’acier et le bitume, entre le béton et l’asphalte…
Sur la route de retour, le plus haut pont de Cuba. La richesse des verts, la profondeur des teintes, la vallée me prend tout entière, m’hypnotise, tout mon corps est attiré par une gravité sans fin. Je passe ma tête par-dessus la rampe et je crie. Un cri tout simple, un cri qui libère. Des attentes, des compromis, de la haine des autres, de la haine de soi. De l’insatisfaction, de l’impuissance. Un cri qui nous rappelle que nous sommes libres.
… Et qui ne sauront peut-être jamais
Que la terre était un jardin.»